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La rédaction SEO

La rédaction SEO

Par
Grégoire d'Aboville
le
21
/
09
/
2020

Dans ce guide, on va couvrir les grands principes de la rédaction pour le SEO.

La plupart des guides de rédaction se basent sur des conseils techniques (choix des balises, etc.) Dans ce guide, on va essayer de prendre de la hauteur et de créer du contenu qui soit à la fois différenciant sur le fond et optimisé pour les moteurs.

De la structuration de la page à la rédaction en elle-même, on va voir comment écrire du contenu qui tue.

Allons-y !

Etape 1 : Identifier le mot-clé principal

Pourquoi choisir un mot-clé principal ?

La première étape avant d’attaquer la suite, c’est de choisir LE mot-clé que vous visez avec votre contenu.

Pourquoi un seul mot-clé?

Tout d’abord, pour éviter de vous disperser. Mais aussi parce que la plupart des outils SEO utilisent un seul mot-clé en entrée. Cela vous facilitera donc la tâche.

Comment choisir son mot-clé ?

Si vous n’avez pas suivi le guide précédent, voici les éléments à prendre en considération pour trouver le bon mot-clé:

  • Volume de clics potentiel : est-ce que le mot-clé choisi va vous rapporter suffisamment de trafic si vous atteignez la position 1 pour que votre contenu soit rentable ? 
  • Potentiel business : est-ce que le mot-clé va vous rapporter du trafic qualifié, c’est-à-dire des visiteurs susceptibles d’acheter vos services ou produits à court ou moyen terme ?
  • Difficulté SEO : est-ce que le mot-clé est accessible pour votre entreprise ? (Sous-entendu : est-ce que les premières positions sur ce mot-clé sont déjà occupées par des sites à la force de frappe plus forte que la vôtre ?)

Identifier l’intention de recherche

Qu’est-ce que l’intention de recherche ?

La mission de Google est simple : “Deliver the most relevant and reliable information available”.

Pour la réaliser au mieux, Google essaye d’identifier la question à laquelle l’internaute veut une réponse et propose des résultats adaptés.

Prenons quelques exemples.

Quand je tape “médecin paris” dans Google, le moteur comprend immédiatement que je cherche le contact d’un médecin généraliste et me renvoie vers des annuaires de médecins généralistes.

 

Quand je tape “iPhone X”, Google comprend que je veux acheter un iphone et me propose des résultats commerciaux.

 

Certains exemples sont encore plus fins. Prenons un exemple personnel “Exit popup”. Google retourne majoritairement des articles pour aider à créer une exit popup. Il aurait pu retourner des résultats commerciaux (type exit popup software). Ce n’est pas le cas. Google comprend ici que les utilisateurs qui tapent ce mot-clé sont majoritairement à la recherche d’informations, pas d’outils.

 

Idem pour “ecommerce customer support”, Google renvoie majoritairement des articles qui mentionnent les meilleures pratiques. Et la première page ne contient qu’un seul résultat commercial.

 

En d’autres termes, Google identifie un angle et un format de contenu qui lui semblent correspondre à la question que se pose l’internaute. Il présélectionne les contenus qu’il va faire apparaître en première page.

Pourquoi l’intention de recherche est-elle importante ?

Si l’intention de recherche est claire pour Google (on verra plus tard comment identifier si c’est le cas), il y a peu de chances pour que le moteur fasse remonter dans les premières positions un article qui ne répond pas à l’intention qu’il a identifiée.

Si vous préparez un contenu qui ne répond pas à cette intention de recherche, vous pourrez faire tous les efforts d’optimisation au monde, ce contenu ne remontera pas dans les premières positions.

Comment identifier si Google a identifié une intention de recherche ?

Dans certains cas, Google ne semble pas identifier d’intention claire.

Quand c’est le cas, c’est souvent identifiable simplement en regardant les résultats de recherche. Prenons l’exemple de cette recherche “miel bio”.

 

Google semble un peu paumé et propose autant des résultats commerciaux (achat de miel bio en ligne), que des articles (autour du sujet : qu’est-ce qu’un miel bio), que de résultat locaux (vendeurs de miel locaux)!

Ici, il n’y a pas d’intention de recherche unique ou claire. Cela signifie que vous avez le champ libre pour tester différentes approches.

Quand vous voyez au contraire une certaine similarité entre tous les premiers résultats, l’intention de recherche est clairement identifiée et vous devez la prendre en compte.

Comment identifier l’intention de recherche ?

Dans cette partie, nous allons reprendre la méthodologie proposée par Ahrefs.

Pour qualifier l’intention de recherche, on va prendre en considération 3 éléments:

  • Content type : est-ce que les premières positions sont occupées par des articles de blog ? Des pages produits (ex : Adidas Stan Smith classiques) ? Des pages catégorie (ex : Sneakers Adidas) ? Des landing pages commerciales ?
  • Content format : les premiers résultats sont-ils des tutoriels (ex : comment faire une omelette) ? Des listes (ex : les 10 meilleurs aspirateurs robots) ? Des analyses produit (ex : Notre analyse du dernier Google Pixel) ? Des comparatifs (ex : Samsung Galaxy vs. Google Pixel : notre comparatif détaillé), etc.
  • Content angle : est-ce que les articles semblent adopter un angle précis sur le sujet. Tapez par exemple “recette pâte à crêpe”. Vous verrez que deux angles apparaissent régulièrement dans les premiers résultats : la facilité et le fait que la recette soit inratable.

Exemple d’analyse d’intention de recherche

Maintenant je vous propose un exemple concret d’application de la méthode d’identification de l’intention de recherche.

Prenons le mot-clé “Linkedin Automation Tools”. Les 10 premiers résultats que j’ai sont les suivants:

  • Top 10 LinkedIn automation tools for 2020 (+ their use-cases ...
  • Top 10 LinkedIn Automation Tools to Generate Leads in 2020
  • 9 Popular LinkedIn Automation Tools That The Smartest ...
  • 7 Working Linkedin Automation Tools you Should Use Now
  • Octopus CRM | Most Trusted LinkedIn Automation Tool
  • Zopto: #1 Linkedin Automation Tool
  • A Comprehensive List of LinkedIn Automation Tools 2020
  • Linked Helper - LinkedIn automation tools
  • Top 10 automation tools for LinkedIn 2020 | by Linked Helper
  • A Comprehensive List of LinkedIn Automation Tools 2020
  • The Top 12 LinkedIn Tools for Boosting Sales - Neil Patel 

Les 4 premiers résultats dégagent une intention de recherche claire:

  • Type: ce sont tous les 4 des articles de blog
  • Format: ce sont tous les 4 des listes
  • Angle: ils sont tous orientés sur les outils et la façon de les utiliser (logique vu le mot-clé)

Bilan : pour créer un contenu qui se place sur ce mot-clé, j’ai un intérêt à suivre ce modèle.

Identifier comment faire mieux que l’existant

Pour se positionner en numéro 1, copier l’existant n’est pas suffisant. Il faut produire du contenu différent et difficile à reproduire.

Autrement dit, votre contenu doit posséder un avantage compétitif qui le rende difficile à battre.

Comment créer un contenu qui fasse la différence dans le temps ? Jetons pour cela à l’approche “10X content” de Rand Fishkin.

Qu’est-ce que le 10x content ?

Rand Fishkin (fondateur de Moz et expert SEO reconnu) propose une approche qui permet de se distinguer de la concurrence et de créer un contenu 10 fois meilleur que le premier résultat. Logiquement il a appelé cette approche “10X content” (vous pouvez consulter la vidéo de présentation originale ici)

En bref, un contenu 10X se caractérise pour Rand Fishkin par:

  • Un rendu impeccable sur n'importe quel appareil.
  • Une combinaison de qualité, fiabilité, utilité et intérêt (il n'est pas nécessaire que ce soit tous ces éléments, mais une combinaison d'entre eux)
  • Une portée et des détails qui sont considérablement différents des autres résultats qui servent la même intention de recherche
  • Un impact émotionnel chez le lecteur (surprise, joie, etc.)
  • Une utilisation d’informations ou de ressources complètes, précises et exceptionnelles

Voici quelques exemples (pas foufous) listés par Rand Fishkin lui-même.

Comment créer du contenu 10X ?

Voici la méthode proposée par Rand Fishkin:

  • Se renseigner à fond sur le sujet
  • Identifier quel angle n’a pas été traité par les articles existants
  • Trouver un moyen unique de traiter cet angle
  • Présenter les résultats d’une manière inédite

Concrètement, cela reste assez vague.

Voici quelques méthodes pratiques pour l’appliquer:

  • Scannez à fond les 5 premiers résultats de la page 1 pour le contenu que vous visez
  • Notez quels sont les angles adoptés
  • Tentez d’identifier des éléments manquants 

La différence, vous pouvez la faire sur :

Les données et le contenu que vous partagez dans l’article.

Par exemple :

  • Des statistiques internes que vous allez publier et ainsi donner des chiffres précis sur un phénomène qui n’avait pas été mesuré. Par exemple, un de mes concurrents fait un tabac depuis 3 ans avec cet article “Pop-up Statistics: Findings From Analyzing 2 Billion Popups”. Personne n’a réussi à reproduire les mêmes statistiques à la même échelle.
  • Des statistiques inédites que vous êtes le premier à collecter et analyser. Par exemple, Brian Dean le fait chaque année en SEO. La quantité de donnée analysée rend l’exercice très difficile à reproduire par un autre site.
  • Un sondage exclusif. Pour un article pour G2 crowd, nous avons par exemple fait un sondage Google Survey (et investi 400€ pour le faire!) pour analyser les sentiments des internautes envers les popups.
  • Des avis d’experts sur le sujet (et idéalement qui sont connus). 

Le format.

Par exemple:

  • Inclure des vidéos dans votre contenu qui vont le rendre plus clair et interactif. Par exemple dans cet article un peu technique où j’ai intégré une vidéo qui montre comment le concept qu’on décrit marche en réalité.
  • Inclure des templates prêts à l’emploi. C’est ce que fait SurveyMonkey sur beaucoup de ses landing pages (ça aide en SEO et ça aide à la conversion aussi)
  • Inclure des exemples de la vie réelle (screenshots, etc.). C’est ce qui fait par exemple la force de cet article.

L’angle d’attaque.

Par exemple:

  • En prenant le contrepied de l’approche habituelle. Par exemple, tout le monde déteste les popups. Cet article de CXL “In Defense Of The Email Popup” a pris le contrepied et trusté des bonnes positions pendant longtemps.
  • En focalisant votre article sur un aspect précis du sujet. Par exemple, Hotjar truste les premières positions sur “Website feedback” en se concentrant uniquement sur les questions qui permettent de collecter du feedback. 

Un exemple de création de contenu 10X

Analysons maintenant l’existant pour “Linkedin Automation Tools” et tentons d’identifier comment faire mieux. 

Top 10 LinkedIn automation tools for 2020 (+ their use-cases ...

Points forts : liste de nombreuses façons d’automatiser son Linkedin + les limites de Linkedin

Points faibles : les uses cases ne sont pas très détaillés

Top 10 LinkedIn Automation Tools to Generate Leads in 2020

Points forts : approche sous forme de funnel de prospection.

Points faibles : le contenu de l’article ne correspond pas au titre

9 Popular LinkedIn Automation Tools That The Smartest ...

Points forts : liste de nombreux outils

Points faibles : analyse totalement biaisée

7 Working Linkedin Automation Tools you Should Use Now

Points forts : liste et analyse différents outils

Point faible : aucune cohérence, analyse très légère

Après analyse, quelques éléments me semblent évidents :

  • Aucun de ces articles n’a une introduction solide (pourquoi automatiser son compte Linkedin est essentiel)
  • Aucune analyse n’est très structurée ou exhaustive
  • Aucune analyse ne cite de source externe/de source d’autorité

Suite à cette analyse, on pourrait tester les angles suivants:

  • 50 Growth Hackers Share Their Favorite Linkedin Automation Tools > On demanderait à 50 growth hackers leur avis détaillé sur les différents outils. On a ainsi un article d’autorité avec des avis crédibles. Difficile à reproduire par les concurrents.
  • Linkedin Automation Tools: How Do They Work? How to Choose One? > On referait une liste (classique) en insistant bien sur les différences entre les outils. A la fin de l’article on propose un tableau récapitulatif qui permet de choisir le meilleur outil facilement. On pourrait aussi proposer un quiz pour trouver l’outil le plus adapté au visiteur. Ici, on fait rapide, et pas forcément très différenciant.

Pour la suite de l’article, je vais partir sur cette deuxième option (je n’ai pas le temps d’interroger 50 growth hackers!)

Préparer la structure de l’article

Maintenant qu’on a choisi notre mot-clé et notre angle, on va s’attaquer à la structure de l’article.

Le template à remplir

L’objectif de cette étape, va être de remplir la grille suivante :

Introduction : accroche

Partie 1 :

  • Titre
  • Idées à développer

Partie 2 :

  • Titre
  • Idées à développer

Partie 3 :

  • Titre
  • Idées à développer

Conclusion :

Bilan et ouverture.

La méthode

Introduction :

Pour l’introduction, comme dans tout contenu qu’on produit, on va essayer de trouver quelque chose:

  • Qui mette en relief l’enjeu 
  • Qui accroche l’attention
  • Qui explique au lecteur ce qu’il va trouver dans l’article

L’enjeu ici est moins d’optimiser son contenu pour le SEO que d’accrocher vos visiteurs.

Parties :

Pour les parties, on va utiliser plusieurs sources.

Source #1: les questions listées par Google

Ces questions sont un méga Graal. Google nous mâche le travail. J’utilise souvent directement ces questions pour mes titres de partie.

Petite astuce : si vous cliquez sur une question, il vous en suggère d’autres. Autant dire que ça vaut le coup de cliquer un peu !

Voici ce que ça donne pour ma recherche après quelques clics sur les questions d’origine :

 Source #2: les suggestions de bas de page

Parfois ces suggestions peuvent aider à identifier certaines parties à inclure. Dans ce cas, elles nous aident surtout à trouver l’angle d’attaque et/ou le titre de l’article.

 

Source #3: les outils d’extraction de suggestion Google

Plusieurs outils vous permettent d’aller encore plus loin en extrayant directement les questions que les internautes posent à Google au sujet de votre mot-clé.

Pour cela, ils vont combiner votre mot-clé avec des préfixes liés à des questions, les taper dans Google et vous donner la suggestion associée dans Google. Par exemple:

  • Quel + mot-clé
  • Comment + mot-clé
  • Quand + mot-clé

Le plus connu de ces outils est Answer The Public

Concrètement, sur ma recherche, il n’a rien trouvé. Mais sur certains mots-clés, le résultat est bluffant. Prenons par exemple le mot-clé “Investissement locatif”. Voici un extrait des résultats:

 

En utilisant ces propositions, je peux facilement identifier les parties de mon article. 

Answer The Public n’offre malheureusement qu’une recherche par jour gratuite. Vous pouvez utiliser un VPN + la navigation privée pour contourner.

Ou vous pouvez utiliser des services alternatifs :

  • Ahrefs propose une fonctionnalité proche d’Answer The Public (moins graphique, c’est tout). Utilisez le filtre “Questions” dans la colonne de gauche après avoir entré un mot-clé pour y avoir accès:

 

  • L’outil Keyword Shitter permet gratuitement de générer votre propre extracteur de suggestions et donc d’obtenir un résultat similaire, cette fois-ci 100% gratuitement (A vous de le configurer par contre)

Template complété

Voici ce que ça donnerait pour mon article:

Introduction: nombre de membres Linkedin + réactivité des membres (taux d’ouverture d’un inmail vs. cold email) => automatiser son Linkedin représente une opportunité unique.

Partie 1 :

  • What is Linkedin Automation?
  • Expliquer tout ce qu’on peut automatiser sur Linkedin

Partie 2 :

  • Is Linkedin automation safe?
  • Lister toutes les limites de Linkedin (reprendre toutes les suggestions de type: How many connections can I send per day? How many Linkedin messages can I send per day?)

Partie 3 :

  • What are the best Linkedin Automation tools in 2020?
  • Comparatif détaillé de chaque solution avec: date de création, pays d’origine, pricing, automatisations possibles, type (sur serveur ou via extension)

Partie 4 :

  • Linkedin automation best practices
  • Lister quelques astuces de pros.

Conclusion :

L’automatisation de son compte Linkedin est simple à mettre en oeuvre et sûre. Pourquoi s’en priver ?

Comment rédiger 

Pour être 100% transparent avec vous, arrivé à cette étape, j’estime que vous avez fait 95% du boulot.

On va tout de même lister quelques éléments qui peuvent contribuer à positionner votre contenu.

Les balises Hn

Je vous invite à consulter cet article pour une définition des Hn.

En pratique, je vous recommande de surtout soigner votre balise H1 (le titre) et H2.

N’hésitez pas à réutiliser tels quelless les suggestions de question de Google pour les H2.

Les mots-clés à utiliser

Il y a quelques années, pour maximiser ses chances d’arriver dans les premiers résultats, un rédacteur répétait un certain nombre de fois les mots-clés importants. On suivait alors un paramètre appelé “Keyword density” pour optimiser son contenu. Personnellement, je n’ai jamais réussi à prouver leur efficacité.

Je me liste simplement des mots-clés principaux et secondaires à lister et vérifie qu’ils apparaissent au moins une fois dans mon contenu. 

Vous pouvez également tester des outils d’optimisation pour vous guider dans l’utilisation des mots-clés:

De mon côté, j’ai testé 1.fr avec peu de succès, jeté un oeil à Surfer SEO (interface claire, il faut sans doute faire le tri dans les recos) et crois assez au potentiel de YTG (pas vraiment testé, mais l’équipe est très sérieuse).

Ces outils sont surtout recommandés si vous êtes sur des recherches très concurrentielles.

Les balises Alt

Rappelez-vous : Google est un robot. Quand vous ajoutez une image dans votre contenu, il n’a aucune idée de ce que cette image contient.

Les balises alt sont là pour que vous guidiez Google.

Vous trouverez quelques bonnes pratiques dans cet article.

Et voilà : vous avez en main toutes les clés pour rédiger du contenu optimisé pour vos lecteurs et les moteurs. A vous de jouer !